Machine vernis sélectif : quel procédé choisir ?

Un logo brillant sur une carte pelliculée mate, un titre en relief sur une couverture : le vernis sélectif reste l’une des finitions les plus demandées. Avant d’investir dans une machine vernis sélectif, un imprimeur doit comparer des procédés très différents, du jet d’encre UV à l’offset, et les confronter à ses volumes, ses formats et ses supports.

L’essentiel en 30 secondes

  • Quatre familles de machines déposent du vernis sélectif : vernisseuses jet d’encre UV, sérigraphie, offset avec blanchet ou plaque de vernissage, imprimantes UV grand format avec canal vernis.
  • Le jet d’encre supprime écrans et plaques : il gagne sur les courts et moyens tirages, le relief 3D et la personnalisation.
  • Les procédés analogiques deviennent plus économiques par exemplaire sur les gros volumes, une fois le calage amorti.
  • La sous-traitance reste la meilleure option tant que la demande est irrégulière.

Quatre familles de machines pour un même effet

Les vernisseuses numériques jet d’encre 2D/3D

C’est la catégorie qui a démocratisé l’ennoblissement. La machine dépose un vernis UV par des têtes jet d’encre « drop on demand », pilotées directement par le fichier, puis le polymérise sous lampe UV. Aucun écran ni plaque : on peut changer de visuel à chaque feuille. En faisant varier la quantité déposée, elle produit un vernis plat (2D) ou un relief tactile (3D). Les modèles récents intègrent un scanner qui mesure la déformation réelle de chaque feuille et recale le dépôt, sans repères d’impression. Les MGI JETvarnish (distribuées notamment par Konica Minolta) et la Duplo DuSense DDC-810 illustrent ce segment.

Sérigraphie, offset et UV grand format

La sérigraphie reste historique : un écran insole les zones à vernir, une raclette pousse le vernis UV épais à travers la toile, puis un tunnel UV le sèche. Elle autorise de fortes épaisseurs et des vernis spéciaux (pailletés, iridescents, luminescents). En offset, le vernis sélectif passe par le groupe de vernissage de la presse : un blanchet découpé ou une plaque en relief ne transfère le vernis que sur les zones utiles, en ligne avec l’impression. Enfin, les imprimantes UV grand format dotées d’un canal vernis, comme celles de swissQprint, appliquent un vernis mat, satiné ou brillant sur des supports rigides, avec un relief pouvant atteindre 1 mm selon le fabricant. Le fonctionnement de ces machines est décrit dans notre dossier impression UV LED ou solvant.

Procédé Outillage par visuel Relief Tirage idéal
Jet d’encre UV (vernisseuse numérique) Aucun, fichier seul 2D et 3D selon l’épaisseur déposée Unitaire à moyen
Sérigraphie Un écran insolé Fort, vernis épais possible Moyen à gros
Offset (groupe de vernissage) Blanchet découpé ou plaque Faible, vernis plat Gros volumes
UV grand format avec canal vernis Aucun, fichier seul Jusqu’à 1 mm annoncé chez swissQprint Pièces uniques, signalétique

Pour l’aspect visuel et la différence entre vernis plat et vernis épais, notre article sur le vernis sélectif 3D présente les rendus en détail.

Ce que disent les fiches techniques

JETvarnish 3D One : l’entrée de gamme numérique

Présentée fin 2019 comme une solution d’ennoblissement accessible aux petites structures, la JETvarnish 3D One accepte des feuilles jusqu’à 364 × 760 mm, avec une largeur imprimable de 353 mm. Konica Minolta annonce :

  • un vernis de 21 à 116 µm d’épaisseur sur supports pelliculés et couchés ;
  • jusqu’à 2 077 feuilles A3 par heure en mode 2D ;
  • jusqu’à 1 260 feuilles A3 par heure en 3D à 51 µm, et 547 feuilles par heure à 116 µm ;
  • des grammages de 135 à 450 g/m².

JETvarnish 3DS : vernis et dorure à chaud

Un cran au-dessus, la JETvarnish 3DS de MGI monte à 364 × 1 020 mm et ajoute un module de dorure à chaud. Le constructeur annonce jusqu’à 2 298 feuilles A3 par heure en 2D (dépôt de 15 µm), 1 624 feuilles par heure en 3D (30 µm) et des reliefs de 15 à 100 µm, ou jusqu’à 200 µm avec double module. Sa marge de 30 cm de hauteur accueille environ 3 000 feuilles de 135 g/m². La vitesse chute donc nettement quand l’épaisseur augmente : c’est le premier point à intégrer dans un calcul de capacité. Les tarifs de ces finitions côté client sont analysés dans notre article vernis 3D et dorure : les prix.

Donnée constructeur JETvarnish 3D One JETvarnish 3DS
Format feuille max 364 × 760 mm 364 × 1 020 mm
Vitesse 2D (A3/h) 2 077 2 298
Vitesse 3D (A3/h) 1 260 à 51 µm 1 624 à 30 µm
Grammages 135 à 450 g/m² 135 à 450 g/m²
Dorure à chaud Non Oui, module intégré

Sur une vernisseuse numérique, chaque micron de relief supplémentaire se paie en feuilles par heure : le rendement réel dépend d’abord de l’épaisseur choisie.

Choisir sa machine : les critères décisifs

Volumes, formats et supports

Le tirage moyen oriente le procédé. Le vernis numérique élimine les frais de calage et démarre immédiatement, ce qui le rend rentable sur les petites et moyennes séries ; le vernis UV conventionnel devient plus économique à l’unité sur les gros volumes, une fois le réglage stabilisé. Le format suit : une vernisseuse type SRA3 étendu couvre cartes de visite, couvertures, menus et petits emballages, mais pas les affiches ou les panneaux. Enfin, le support conditionne l’adhérence : le contraste est maximal sur pelliculage mat, alors qu’un papier non couché absorbe le vernis et réduit la brillance. Le pelliculage soft-touch demande des tests spécifiques.

La checklist avant de signer

  1. Chiffrer le nombre de feuilles vernies par mois et leur épaisseur moyenne, puis confronter ce chiffre aux vitesses réelles en 3D.
  2. Vérifier le format maximal face à vos produits phares (couvertures dépliées, boîtes, formats longs).
  3. Faire tester vos propres supports, pelliculés et non pelliculés, avec vos impressions offset et toner.
  4. Évaluer la place disponible, l’alimentation électrique et l’extraction liée aux lampes UV.
  5. Prévoir la préparation des fichiers : un calque de vernis en ton direct, en surimpression, comme pour le blanc de soutien.
  6. Demander le coût réel du vernis consommé et des pièces d’usure, par écrit, au constructeur ou au distributeur.
Les fabricants publient rarement un coût par feuille, car il dépend de la surface vernie et de l’épaisseur. Exigez un calcul sur vos propres fichiers plutôt qu’un chiffre moyen de plaquette.

Coûts d’exploitation et alternative de la sous-traitance

Ce qui pèse sur le coût par feuille

Aucune source publique fiable ne fournit un coût d’exploitation standard par feuille pour ces machines : nous ne donnerons donc pas de chiffre. Les postes à chiffrer sont en revanche connus :

  • la consommation de vernis, proportionnelle à la surface couverte et à l’épaisseur ;
  • les consommables de dorure (films) si la machine en est équipée ;
  • la maintenance des têtes et des lampes UV ;
  • le temps opérateur, calage de fichier compris ;
  • la gâche des premiers essais sur un nouveau support.

En sérigraphie et en offset, s’ajoutent le coût des écrans, blanchets ou plaques et le temps de calage à chaque nouveau visuel, qui disparaissent en numérique. Les fichiers de vernis mal préparés génèrent une part importante de cette gâche ; les contrôles automatiques décrits dans notre article sur l’IA en optimisation prépresse aident à les intercepter.

Sous-traiter tant que la demande reste irrégulière

Beaucoup d’imprimeurs commencent par confier le vernis sélectif à un confrère équipé. Cette option évite l’investissement, donne accès à plusieurs procédés et permet de mesurer la demande réelle avant d’acheter. Elle a ses limites : délais allongés, transport de feuilles imprimées, marge partagée. Le bon moment pour investir arrive quand le volume sous-traité devient régulier et que les délais font perdre des commandes. Pour vendre ces finitions à vos clients, notre guide des finitions premium propose des arguments concrets.

Outil gratuit : Vérificateur d’image pour l’impression
Contrôlez vos visuels avant de préparer le calque de vernis.

Questions fréquentes

Quelle machine pour faire du vernis sélectif en petite série ?

Une vernisseuse numérique jet d’encre UV, car elle n’exige ni écran ni plaque et peut changer de visuel à chaque feuille.

Peut-on faire du vernis sélectif sur une presse offset ?

Oui, via le groupe de vernissage avec un blanchet découpé ou une plaque, ce qui convient aux gros tirages au vernis plat.

Quelle épaisseur de vernis pour un effet 3D ?

Les vernisseuses numériques citées déposent de quelques dizaines à une centaine de microns ; plus la couche est épaisse, plus le relief est marqué et plus la cadence baisse.

Faut-il pelliculer avant le vernis sélectif ?

C’est recommandé : le vernis ressort mieux sur un pelliculage mat, alors qu’un papier non couché absorbe le vernis et réduit la brillance.

Investir dans une machine vernis sélectif au bon moment

Le choix d’une machine vernis sélectif dépend moins de la technologie à la mode que de votre profil de production : courts tirages, relief et personnalisation plaident pour le jet d’encre UV, gros volumes au vernis plat pour l’offset ou la sérigraphie. Testez vos supports, chiffrez la cadence réelle en 3D et sous-traitez tant que la demande n’est pas régulière.

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